Mi-novembre, la neige a déjà recouvert le relief des Hautes-Alpes. Il reste néanmoins quelques beaux sentiers à rouler, et dans d’excellentes conditions. Le VTT à assistance électrique devrait s’avérer le jouet idéal pour combiner pilotage, effort, contemplation puis adaptation aux conditions si particulières de cette saison.

© Texte & photos : Greg JEAN

Briançon, samedi 18 novembre, 7h30 du mat’, Carole sort du train avec son bonnet à pompon calé sur les oreilles et la doudoune fermée jusqu’au menton. Malgré les -4°C, elle s’apprête à monter sur son VTT à assistance électrique pour une journée qu’elle espère exceptionnelle !

01. Avant la glisse.

Rouler seul(e) est une pratique courante chez les vététistes, même à la montagne. Avec des conditions atmosphériques changeantes et des prévisions météorologiques plus ou moins fiables, les balades solitaires sont parfois plus opportunes que d’essayer de rameuter ses compères au dernier moment, au risque de louper le créneau favorable ! Carole et ses potes de VTT sont aussi adeptes de ski, certains ont déjà remisé leurs biclous pour chausser leurs rataillons ! Pour d’autres, travailleurs saisonniers, l’intersaison rime avec vacances loin de la maison. Enfin, le troisième jeudi de novembre comptent des amateurs également parmi les sportifs vivant au grand air. Alors que les plus opiniâtres cherchent encore le goût de banane ou de topinambour dans le Beaujolais nouveau, Carole profite d’une dernière virée avant la glisse et part rouler seule !

Il fait très froid … c’est typique des dernières journées de VTT en montagne juste avant des mois de glisse … mais que c’est exquis, sublime et unique !

02. Assistance électrique et GTHA.

En cette fin novembre, la neige est tombée, plus ou moins bas selon les versants et les informations collectées sur l’état des sentiers sont relativement imprécises. Carole opte pour un VTT à assistance électrique afin d’être réactive face aux conditions et de disposer d’un vaste choix dans les options qui s’imposeraient à elle. Elle s’arrête donc au magasin « Ski extrême » à La Grave, chez son pote Bruno qui lui prête un Scott de son parc de location, chaussé de pneus en 27,5+. Autant privilégier le grip, des fois qu’il y ait un peu trop de neige par endroits… C’est une envie de raid qui la tente, une traversée au goût d’itinérance. La fameuse Grande Traversée des Hautes Alpes démarre quasi au seuil de son chalet de l’Oisans. Même si elle connait déjà bien les différent spots parcourus, elle ignore où passe exactement l’itinéraire balisé. Professionnelle du tourisme et très curieuse, elle décide de suivre ce tracé dont on parle beaucoup depuis trois ans. La neige a recouvert le relief jusqu’à 2000 / 2200 mètres d’altitude, s’impose donc le choix de rouler entre Briançon et Guillestre par l’option « Balcons sud ». Le balisage offre judicieusement deux itinéraires distincts pour ce tronçon, soit la version « Cols d’altitude » qui sillonne le Queyras via le col d’Izoard, soit un cheminement plus bas en altitude mais non moins majestueux, car on est au pays des Écrins !

Au pays des Écrins, Carole garde la Grande Traversée des Hautes-Alpes comme fil rouge, en la complétant avec quelques singletracks pour la rendre encore plus ludique.

03. Tchoutchoulouse et enDurance.

Une traversée implique une logistique entre son point de départ et l’arrivée. Carole décide de garer sa fourgonnette à la fin du parcours VTT puis de prendre le train très tôt pour rejoindre le début. Une fois à Briançon, au lieu de filer plein sud vers son objectif de fin de journée, elle s’offre un petit plaisir avec le lever du jour sur la ville. Pour ça, elle commence par monter à la Croix de Toulouse en suivant la GTHA, à l’envers. À quasi 2000 mètres d’altitude, le belvédère domine la cité fortifiée six-cent mètres plus bas et offre une vue panoramique sur les Ecrins ainsi qu’une bonne partie des balcons qui longent la Durance jusqu’à Guillestre. Au programme, environ quatre-vingt bornes pour presque quatre mille mètres de dénivelée positive et cinq cent de plus à la descente ! Même avec l’assistance électrique, le trip s’annonce très long et notre curieuse va devoir se révéler endurante. Dans son sac à dos, on trouve tout le kit habituel des vététistes, qu’elle a complété avec des affaires pour éviter de souffrir du froid et, surtout, le chargeur de batterie pour son VTT-AE !!!

Petit plaisir vivifiant depuis la Croix de Toulouse avec le lever du jour sur Briançon et les balcons sud du pays des Écrins.

04. Citadelle et radeau.

Les versants orientaux sous les projecteurs, ce sont les fortifications de la ville qui se drapent petit à petit de cette lumière si caractéristique de la montagne hivernale. Un tour rapide de la citadelle Vauban, et voila venu le temps de s’extirper de l’agitation urbaine naissante. Le parcours est d’abord très roulant, avec une alternance de bitume et de pistes forestières. Même si, au pays des Écrins, les panoramas sont sympas, Carole s’octroie quelques variantes pour récupérer des singletracks qu’elle connait déjà, en gardant toujours cette GTHA comme fil rouge. Après la magnifique descente aux Vigneaux, elle entre dans l’Argentière-la Bessée pour s’échouer au Radeau, un rade qui sert des burgers copieux et originaux. C’est en quête de pitance et d’assistance, qu’elle se pose une bonne heure, juste ce qu’il faut pour recharger quasi à bloc la batterie de son « raidtoy ».

Au creux des gorges de la Durance, Carole écoute l’écho qui lui renvoie le bonjour (du pont) d’Asfeld !

05. La Guerre froide.

La suite est encore longue et la digestion tonique ! Remise en jambe sauvage à travers les montagnes russes qui traversent la vallée du Fournel. À Freissinières, Carole quitte l’itinéraire balisé, car il sera dans l’ombre glaçante jusqu’à la fin tandis que le soleil illumine la rive gauche de la Durance. Elle bascule donc de l’Est vers l’Ouest ! Carte topographique en main, elle élabore une liaison rapide pour retrouver un itinéraire qu’elle adore : la descente de Moussière vers Guillestre via le Bois Durat. Cette journée solitaire s’achève à deux, quand elle croise un local qui roule seul… Laurent lui propose de découvrir une variante, tracée spécialement pour le Raid Vauban (dont les traces ultra ludiques sont largement plébiscitées par tous les participants). L’arrivée dans la citadelle de Mont-Dauphin se fait quasi de nuit, à peine le temps d’en faire le tour et l’obscurité engloutit la place forte. Faute d’espace dans son paquetage, Carole n’a pas prévu d’éclairage. Laurent habite à Mont-Dauphin… il charge la belle et sa bête dans son fourgon et dépose le tout à la gare.

Quant la lumière décline dans Bois Durat, illumine ta voie grâce à Boudha !

Cette très longue journée fut éprouvante mais exceptionnellement magnifique. Tout bonnement impossible sans assistance électrique sauf pour les mutants. La nuit tombant très tôt, Carole a le temps de rentrer au bercail et retrouve ses potes dégustateurs, encore en pleine investigation. Elle, non plus, ne devine pas l’arôme du Beaujolais nouveau 2017, mais il est certain qu’il n’a pas le même goût de reviens-y que le pays des Écrins !

vtt magazineHors-série - décembre 17

Retrouvez cet article sur le papier,
avec le plaisir de tourner les pages.